1 year of steampunk, mini fiction

Jeu

Un faucon crécerelle en vol

Le jeu avait été inventé par Zireg, et même si ce dernier était parti faire la guerre pour les Français, il continuait.

Ce jour-là, Tarik et Irsal se retrouvèrent avant le lever du soleil. Tarik finit d’ajuster les sangles sur Irsal, puis s’écarta et mit ses grosses lunettes insectoïdes. Irsal prit le temps d’attacher son bonnet en cuir, rabattit ses propres lunettes, puis remonta la machine attachée sur l’avant de son torse.

Dans son dos, les quatre ailes s’écartèrent lentement, avant de se mettre à vrombir. Avec un large sourire, Irsal poussa du pied sur le sol et décolla en flèche. Tarik le suivit, savourant le vent qui lui fouettait le visage et la puissance des ailes dans son dos.

Les Aït Betroun étaient les bras ailés des toutes les confédérations kabyles, ceux qui les premiers avaient perfectionné les inventions mécaniques venues d’Asie pour conquérir les cieux. Ils avaient dû ployer l’échine devant les Français, qui disposaient de l’aide de l’Empire chinois et de ses méchas. Mais ils restaient les maîtres des airs. Et cela, il fallait le rappeler à ces colons qui se croyaient tout permis.

Tarik rattrapa rapidement Irsal et ils mirent le cap vers la ville voisine. Aujourd’hui, leur cible était la maison du marchand de soie, qui avait vendu à la mère de Tarik un foulard de mauvaise facture et s’en était vanté au marché.

Ils descendirent en flèche alors que le soleil se levait tout juste. Certains étaient déjà levés, mais pas le marchand de soie. Irsal se posa sur le toit, mais Tarik descendit dans la cour. Il avait repéré un poulailler.

Une heure plus tard, quand le marchand de soie sortit enfin de chez lui, il reçut du ciel un cadeau caquetant dans une gerbe de plumes. Le temps qu’il reprenne ses esprits, deux autres volatiles lui étaient tombés dessus, et sa belle tenue était maculée des déjections que les poules avaient lâchées dans leur frayeur.

Quand il put enfin regarder vers le ciel, Tarik et Irsal était déjà si hauts qu’ils n’entendirent pas ses imprécations ; mais ça ne les empêcha pas d’éclater de rire, ravis de leur succès.

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